La tour ronde en pierre sculptée et le dôme rouge du palais de Monserrate, parmi les palmiers et les plantes en fleurs de ses jardins

Nature

Parc naturel de Sintra-Cascais : collines, forêts, falaises et sentiers

Publié 3 octobre 2026 · Faits vérifiés

Le parc naturel de Sintra-Cascais, en portugais Parque Natural de Sintra-Cascais, est l’espace protégé qui entoure Sintra. Selon l’ICNF, l’institut portugais de conservation de la nature, il couvre 14 583 hectares sur les communes de Sintra et de Cascais : les collines granitiques boisées de la Serra de Sintra, les terres agricoles et les villages viticoles au nord, et un littoral atlantique sauvage de falaises, de plages et de dunes qui comprend Cabo da Roca, le point le plus occidental de l’Europe continentale. Le secteur est protégé depuis 1981 et a été érigé en parc naturel en 1994.

Les palais qui attirent la plupart des visiteurs, Pena, le château des Maures, Monserrate et la Quinta da Regaleira, se trouvent tous à l’intérieur, tout comme le paysage culturel de Sintra classé par l’UNESCO. Mais le parc est bien plus vaste que ses monuments. Cet article explique comment il est devenu un espace protégé, les roches et le climat qui l’ont façonné, ses deux forêts très différentes, la côte et ses curiosités, les plantes et les oiseaux qu’on y trouve, et comment le parcourir à pied sur les sentiers balisés, sans guide.

Le parc en bref

  • Superficie : 14 583 hectares sur les communes de Sintra et de Cascais, selon l’ICNF.
  • Protection : paysage protégé depuis 1981 et parc naturel depuis 1994 ; sa côte et ses collines font aussi partie du réseau européen Natura 2000.
  • Patrimoine mondial à l’intérieur : le paysage culturel de Sintra, inscrit par l’UNESCO en 1995, couvre 946 ha, avec une zone tampon de 3 641 ha.
  • Point culminant : la Cruz Alta, dans le parc de Pena, à 528 mètres.
  • Point le plus occidental : Cabo da Roca, le point le plus à l’ouest de l’Europe continentale.
  • La meilleure façon de le découvrir : à pied, sur des sentiers balisés qui ne demandent pas de guide, ou par la route, le long de la côte et à travers les collines.

Du paysage protégé au parc naturel

L’histoire juridique du parc commence en 1981. Un décret-loi du 15 octobre 1981 créa la zone de paysage protégé de Sintra-Cascais, et un décret du 11 mars 1994 la transforma en parc naturel de Sintra-Cascais. L’ICNF explique pourquoi cette protection était nécessaire : c’est un haut lieu du tourisme et des loisirs, grâce à son climat doux et à la diversité et à la beauté de ses paysages, mais aussi une région fragile, soumise à une forte pression humaine, aux portes de Lisbonne.

La reconnaissance internationale a suivi rapidement. En 1995, l’UNESCO a inscrit le paysage culturel de Sintra sur la Liste du patrimoine mondial, en précisant que ce paysage culturel se trouve à l’intérieur du parc naturel et bénéficie de la protection de la législation nationale depuis 1994. La côte du parc et la Serra constituent aussi un site du réseau Natura 2000, le système européen d’espaces protégés pour la faune, la flore et les habitats.

Il en résulte plusieurs niveaux de protection sur un même territoire. Les palais et leurs jardins sont gérés comme des sites patrimoniaux, la zone du patrimoine mondial s’inscrit dans une zone tampon plus large, et le plan de gestion du parc naturel encadre le paysage environnant, de la construction à l’agriculture en passant par les loisirs.

Une montagne née du magma

Vue de loin, selon l’UNESCO, la Serra de Sintra ressemble à une petite chaîne de montagnes granitiques boisées dominant les terres agricoles vallonnées. Sa géologie explique pourquoi elle se détache ainsi. L’ICNF décrit un massif igné, formé lorsque le magma s’est introduit et est remonté dans des couches sédimentaires du Crétacé et du Jurassique, et qui domine aujourd’hui les plateaux sédimentaires environnants, par endroits à plus de 500 mètres d’altitude. Les roches les plus anciennes visibles dans le parc sont sédimentaires, déposées il y a 160 millions d’années.

Cette histoire se lit au fil des promenades. Au sanctuaire de Peninha, à l’extrémité ouest de la Serra, à 488 mètres, la chapelle repose sur un amas chaotique de gros blocs arrondis, sculptés par l’érosion de la syénite qui forme le cœur magmatique des collines. Le point culminant est la Cruz Alta, dans le parc de Pena, à 528 mètres, avec une vue sur Lisbonne et Cascais au sud, l’Atlantique à l’ouest et les terres agricoles au nord.

La côte garde des traces de l’âge des dinosaures. Sur la falaise sud de Praia Grande, un escalier mène à soixante-six empreintes de dinosaures, imprimées dans ce qui était autrefois un sol meuble. Près de Cabo Raso, à l’extrémité sud du parc, et dans l’intérieur des terres, à Granja dos Serrões et à Negrais, on trouve des lapiaz, ces surfaces calcaires que l’eau de pluie a dissoutes en crêtes et en creux, et que l’ICNF compte parmi les éléments géologiques les plus précieux du parc.

Pourquoi les collines sont si vertes

La forme de la Serra ne se contente pas de dessiner une ligne d’horizon. L’ICNF note que la crête s’étire d’est en ouest et fait barrière naturelle aux vents marins. L’air humide de l’Atlantique est forcé de remonter ses pentes, se refroidit et se condense : c’est pourquoi les collines sont si souvent dans les nuages alors que Lisbonne est au soleil. Cette humidité, associée à des sols variés, permet une végétation très diverse, de caractère essentiellement méditerranéen.

Le nom local de la Serra, Monte da Lua, la « montagne de la Lune », sied bien à ses humeurs brumeuses. Notre article sur la météo à Sintra chiffre le brouillard et la pluie et explique ce qu’ils signifient pour une visite.

Deux forêts dans un même parc

La Serra abrite deux types de boisements très différents, souvent côte à côte : ce qui subsiste de la forêt indigène, et les plantations romantiques du XIXe siècle.

Les bois indigènes

L’ICNF raconte une histoire de perte. Au fil des siècles, la Serra a été dépouillée de ses richesses jusqu’à ce qu’il ne reste guère que des broussailles, et une grande partie de sa faune ne pouvait plus y survivre. La chênaie indigène a été réduite à des reliques dans les endroits les plus inaccessibles, où poussent encore des espèces menacées comme le houx, ainsi que des plantes reliques d’avant les glaciations, comme la fougère Asplenium hemionitis.

Le meilleur endroit pour ressentir cette forêt plus ancienne se trouve autour du couvent des Capucins (Convento dos Capuchos), à 8 km du centre historique de Sintra. Fondé en 1560 pour des frères franciscains connus pour vivre en étroite harmonie avec la nature, le couvent a été bâti dans les blocs de granit, et Parques de Sintra indique que les bois qui l’entourent, préservés intacts par les frères, sont l’un des plus remarquables exemples de la forêt primitive de Sintra.

Les plantations romantiques

Au XIXe siècle, sous l’influence du romantisme, les domaines de la Serra furent transformés en jardins d’agrément : des palais entourés de jardins et de bois plantés d’espèces venues du monde entier. La figure de proue en fut Ferdinand II, le roi consort qui fit construire le palais de Pena. L’UNESCO note qu’il restaura aussi les forêts de la Serra, en plantant des milliers d’arbres pour compléter les chênes et les pins parasols.

Sur les 85 hectares du parc de Pena, selon Parques de Sintra, il planta des espèces de tous les continents, créant ce qui est aujourd’hui l’arboretum le plus important du Portugal ; plus de 340 espèces d’arbres y ont été recensées. À Monserrate, sur les versants nord, une étude minutieuse des microclimats du terrain a permis de planter plus de 3 000 espèces exotiques. Fougères arborescentes, palmiers et plantations d’inspiration mexicaine y côtoient des espèces indigènes comme des arbousiers de la taille d’un arbre, le houx rare et des chênes-lièges.

La forêt est aussi vulnérable. Un monument sur le sentier des Capuchos rend hommage aux soldats morts en luttant contre le grand incendie de 1966, et aujourd’hui les zones forestières sont nettoyées chaque année pour réduire le risque d’incendie pendant la saison chaude.

La côte atlantique sauvage

À l’ouest et au nord de la Serra, le parc rejoint l’océan. L’ICNF décrit un long littoral composé surtout de falaises vives, hautes au nord de la Serra et qui s’effacent à Cabo Raso. C’est aussi là que poussent les plantes les plus rares du parc : la plupart de ses espèces endémiques et menacées se trouvent sur cette bande côtière.

Quelques lieux se distinguent :

  • Praia Grande est la plus grande plage de la côte de Sintra, connue pour le surf et le bodyboard, avec les empreintes de dinosaures sur sa falaise sud.
  • Praia da Adraga, plus au sud, présente deux curiosités. À une cinquantaine de mètres de la falaise se trouve le Fojo, un puits naturel d’environ 90 mètres de profondeur qui communique avec la mer ; les Romains auraient cru qu’un triton soufflait dans une conque tout au fond. Côté sud, la Pedra de Alvidrar plonge presque à la verticale dans la mer, et selon la tradition locale, les jeunes hommes l’escaladaient pour prouver leur courage.
  • Azenhas do Mar est un village étiré le long d’un ruisseau qui se jette dans l’océan ; il doit son nom aux moulins à eau, ou azenhas, qui s’y dressaient autrefois. Au pied de ses falaises se trouvent une petite plage et une piscine naturelle d’eau de mer.
  • Guincho, côté Cascais, est connu dans le monde entier pour le surf et la planche à voile, ainsi que pour une géologie rare : des lapiaz côtiers qui s’étendent au nord de Cabo Raso et le système dunaire de Guincho–Oitavos.

L’Atlantique est puissant ici, et les plages peuvent connaître de forts courants et de grosses vagues. Ne vous baignez qu’aux endroits et aux heures où des sauveteurs sont en poste, et restez prudent au bord des falaises.

Cabo da Roca : là où la terre s’achève

À l’extrémité ouest de la Serra, Cabo da Roca est le point le plus occidental de l’Europe continentale. Près du phare, une croix rend hommage au vers de l’épopée de Camões, Les Lusiades, qui décrit le lieu « où la terre finit et où la mer commence ». Le phare fut l’un des six commandés par la charte du marquis de Pombal du 1er février 1758 ; entré en service en 1772, c’est le deuxième plus ancien de la côte portugaise. Aujourd’hui, Parques de Sintra organise les visites du phare.

On rejoint Cabo da Roca depuis la gare de Sintra avec le bus 1253 de Carris Metropolitana, ou par la route à travers les collines. C’est aussi le point de départ de l’une des plus belles randonnées côtières du parc, décrite plus bas. Notre guide une journée à Sintra explique comment combiner le cap avec les palais et Cascais en une seule journée.

Des plantes qu’on ne trouve nulle part ailleurs

La flore du parc est l’une des principales raisons de sa protection. L’ICNF met en avant plusieurs plantes qu’on ne trouve que dans cette partie du Portugal, dont l’armérie Armeria pseudarmeria, l’œillet de Sintra (Dianthus cintranus subsp. cintranus) et le myosotis des plages Omphalodes kuzinskyanae. D’autres, comme le silène Silene longicilia, ne survivent qu’en populations rares et menacées sur les sols issus des roches éruptives grenues de la Serra.

La règle pour les visiteurs est simple : regardez, photographiez, et laissez-les où elles sont. La cueillette des plantes et le prélèvement de roches sont interdits partout dans le parc.

La faune

Le parc compte pour les mammifères et les oiseaux autant que pour les plantes. L’ICNF distingue deux rapaces qui nichent dans le parc, le faucon pèlerin et l’aigle de Bonelli. Certains des petits cours d’eau qui descendent de la Serra sont importants pour le hotu portugais, un petit poisson d’eau douce.

L’observation des oiseaux fait partie des activités que la municipalité de Sintra promeut sous sa marque ActiveSintra, et les règles des sentiers demandent aux promeneurs d’observer la faune à distance, de préférence aux jumelles, et de limiter le bruit.

Les habitants et les produits du parc

Le parc n’a rien d’une nature vierge. L’ICNF relève des traces de présence humaine sur tout son territoire depuis le Paléolithique, et décrit un paysage rural traditionnel au nord de la Serra, dans la région dite du pays saloio, qui fournissait autrefois à Lisbonne une bonne partie de sa nourriture. Quatre fruits régionaux y sont encore cultivés : la pomme reinette de Colares, la pêche pêssego-rosa, un citron à peau épaisse et la poire pêra-pérola.

Le produit le plus célèbre est le vin de Colares. Ses vignes poussent près de la mer, abritées des vents violents par des palissades de roseaux, et la plupart plongent leurs racines dans le sable. Lorsque le phylloxéra ravagea les vignobles portugais en 1865, les vignes de Colares furent épargnées, en grande partie grâce au sol sablonneux que l’insecte ne pouvait pas pénétrer, et Colares est une région viticole délimitée depuis 1908.

L’une des plus agréables façons de traverser ces terres agricoles est le tramway historique de Sintra, qui parcourt près de 11 kilomètres depuis Vila Alda, en bordure de Sintra, à travers vignes et vergers jusqu’à Praia das Maçãs, un trajet d’environ 45 minutes.

Parcourir le parc à pied

Le site touristique municipal de Sintra décrit un réseau de sentiers balisés dans le parc naturel, praticables sans guide grâce à un dépliant, au balisage sur le terrain et à des traces téléchargeables. Quelques-uns des meilleurs :

  • Peninha (PR10) : une boucle d’environ 5,9 km au départ du Largo da Peninha, à travers un paysage modelé par le vent et le pâturage, parmi de gros blocs arrondis, avec des vues qui, par temps clair, portent jusqu’au cap Espichel et à la serra da Arrábida au sud, et jusqu’aux îles Berlengas au nord.
  • Capuchos (PR11) : une boucle d’environ 4,9 km le long du sommet de la Serra entre la Cruz Alta et Peninha, en passant par le mémorial de l’incendie de 1966 et le Tholos do Monge, une sépulture collective préhistorique.
  • Cabo da Roca (PR7) : une boucle d’environ 13,2 km depuis le cap, le long des falaises, en passant par la Pedra de Alvidrar et le Fojo, jusqu’à Adraga et Praia Grande, avec un retour par les villages d’Almoçageme et d’Ulgueira.
  • Le Chemin de l’Atlantique (GR11-E9) : à Sintra, un itinéraire linéaire d’environ 30 km depuis Ulgueira, près de Cabo da Roca, le long de la côte par Adraga, Praia Grande, Praia Pequena, Maçãs, Azenhas do Mar, Aguda et Magoito, puis vers l’intérieur jusqu’à São Miguel de Odrinhas. Il est présenté comme peu exigeant physiquement.

Dans le parc de Pena, la Cruz Alta se trouve à 4 km du centre historique de Sintra ; l’accès au parc est payant, et notre guide des palais et des billets de Sintra explique comment fonctionne l’entrée.

Si vous préférez ne pas marcher, les collines et la côte offrent l’une des routes les plus classiques des environs de Lisbonne, et les options guidées vont des excursions en jeep et en voiture ancienne sur les routes des collines et de la côte aux journées privées qui incluent Cabo da Roca.

Règles et sécurité

L’ICNF demande aux visiteurs de respecter une courte liste de règles partout dans le parc :

  • Restez sur les sentiers et ne coupez pas à travers la campagne.
  • Ne campez pas en dehors des campings.
  • N’allumez pas de feu et ne laissez pas de déchets.
  • Ne cueillez pas de plantes, ne prélevez pas de roches et ne dérangez pas les animaux.
  • Ne circulez pas en véhicule à moteur en dehors des routes existantes.

Par temps chaud et sec, le risque d’incendie peut entraîner des restrictions : Parques de Sintra prévient que certains de ses parcs peuvent fermer lorsque l’accès à la forêt est restreint en raison du risque d’incendie ou de conditions météo extrêmes. Sur la côte, les sentiers de falaise peuvent être exposés et glissants, et la Serra est souvent dans le brouillard : emportez de l’eau, une couche chaude et un téléphone chargé. Le numéro d’urgence au Portugal est le 112. Vérifiez les conditions avant de partir, surtout en été et après les tempêtes.

Si vous venez de Lisbonne pour la journée, notre guide pour aller à Sintra depuis Lisbonne présente le train et les bus, et notre article sur le puits initiatique de la Quinta da Regaleira raconte l’histoire du jardin le plus célèbre du parc.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le parc naturel de Sintra-Cascais ?

C’est un espace protégé de 14 583 hectares sur les communes de Sintra et de Cascais, près de Lisbonne, géré par l’institut portugais de conservation de la nature, l’ICNF. Il couvre la Serra de Sintra, les terres agricoles qui l’entourent et la côte atlantique, dont Cabo da Roca, et englobe le paysage culturel de Sintra classé par l’UNESCO.

Quand le parc naturel de Sintra-Cascais a-t-il été créé ?

Le secteur a d’abord été protégé en tant que zone de paysage protégé en 1981, et un décret du 11 mars 1994 a créé le parc naturel. L’UNESCO a inscrit le paysage culturel de Sintra, situé à l’intérieur du parc, sur la Liste du patrimoine mondial en 1995.

La visite du parc naturel est-elle gratuite ?

Le parc lui-même est un espace naturel ouvert, traversé par des routes publiques et des sentiers balisés que vous pouvez parcourir sans guide. Les palais et jardins qu’il abrite, comme Pena, Monserrate, les Capuchos et la Quinta da Regaleira, sont payants, tout comme la visite de la cour du phare de Cabo da Roca.

Quel est le point culminant de la Serra de Sintra ?

La Cruz Alta, ou « Haute Croix », dans le parc de Pena, à 528 mètres. Par temps clair, elle domine Lisbonne et Cascais au sud, l’Atlantique à l’ouest et les terres agricoles au nord.

Où voir des empreintes de dinosaures près de Sintra ?

Sur la falaise sud de Praia Grande, sur la côte de Sintra. Un escalier mène à soixante-six empreintes, et le site touristique de Sintra recommande la montée pour la vue sur la plage et la côte depuis le sommet.

Quelle est la plus belle randonnée du parc ?

Pour une première visite, l’itinéraire des Capuchos (environ 4,9 km) montre la forêt et la crête de la Serra, tandis que celui de Cabo da Roca (environ 13,2 km) suit les falaises jusqu’à Adraga et Praia Grande. Les deux sont des boucles balisées, praticables sans guide.